Gardes à vue abuses : Sherif fais-moi peur !

La police aurait-elle pour nouvelle fonction de faire peur à ses concitoyens au lieu de les protéger ?

On est en droit de se poser la question devant des méthodes de travail de plus en plus contestées et contestables. Rappelons les faits qui ont déclenché la polémique : le 2 février dernier, une bagarre éclate entre deux adolescents à la sortie d’un collège du 20ème arrondissement de Paris. Trois collégiennes tentent de s’interposer afin de séparer les protagonistes. Le lendemain, la police appréhende les jeunes filles manu militari à leur domicile, les plaçant en garde à vue, puis en cellule où elles resteront jusqu’au soir 20h. Rien moins que çà !

Au pays des droits de l’homme il semble que l’adage « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » soit de mise. En effet, un récent rapport du Sénat, comparant les législations des différents pays européens en la matière montre que la France se singularise de ses voisins dans le mauvais sens. On apprend ainsi que l’Allemagne et le Danemark n’autorisent la garde à vue que pour des méfaits dont la peine prévue dépasse les six mois de prison. Par ailleurs, dans ces pays, l’assistance d’un avocat est possible dès la privation de liberté. La France, non seulement prévoit la mise en garde à vue pour tout type d’infraction, mais ne permet pas à la personne concernée d’obtenir la présence à ses côtés d’un avocat. Un système qui autorise toutes les dérives.