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Enseigner officiellement le fait maçonnique dans le cadre d’un cursus universitaire, comme on le fait à l’Université Libre de Bruxelles, est particulièrement rare voire unique au monde. Comme le souligne l’excellent historien Pierre-Yves Beaurepaire à l’entame de son étude « L’espace des francs-maçons », le « cas bruxellois » peut être considéré pleinement comme une exception. 

 

La laïcité serait-elle devenue un concept « identitaire » ? Contaminée par l’extrême-droite, une partie de l’opinion part en croisade contre  l’ «Islam conquérant» en tentant de donner à de vieux réflexes racistes les couleurs d’une rhétorique républicaine. 

Pas un discours de Marine Le Pen, dont on serait bien fou de croire qu’elle n’est plus d’extrême-droite, dans lequel elle n’invoque la laïcité pour justifier son combat contre la soi-disant « islamisation » de la France. En décembre 2010 sur un plateau de télévision, face à Etienne Mougeotte, directeur de la rédaction du Figaro qui lui faisait remarquer que si les musulmans prient dans la rue c’est qu’ils n’ont pas assez de place dans les mosquées, la présidente du Front National avait rétorqué : «Vous nous expliquez que, pour résoudre une violation très grave de la laïcité, il faudrait très gravement violer la laïcité en finançant publiquement des mosquées !». Venant de la présidente d’un parti qui inaugure ses fêtes par une messe et dont la mouvance catho intégriste fait un lobbying incessant auprès des parlementaires sur les questions d’éthique, cette dialectique simpliste serait pathétique si elle n’avait le pouvoir de contaminer une fraction non négligeable de l’opinion. Et pas toujours à droite. 

En témoigne le cyber magazine Riposte laïque, rassemblement hétéroclite d’anciens trotskystes « doriotisés »(1), de souverainistes obtus, de féministes dogmatiques et de francs-maçons déboussolés qui débordent l’extrême droite sur la revendication identitaire au nom de la laïcité. Pur produit de la capacité du web à fédérer l’ignorance et la peur sur des slogans et des émotions, Riposte laïque manie habilement une rhétorique d’inspiration républicaine pour susciter de vieux réflexes d’exclusion et de haine dont les musulmans sont la cible privilégiée, sinon unique. 

 

La référence à Pierre Mendès France (1907-1982) revient régulièrement sous la plume des journalistes quand il s’agit d’évoquer les qualités exigibles d’un homme politique : le sens de l’Etat, le souci des deniers publics, le courage face à l’adversité, le refus de toute compromission, l’amour de la France, la fermeté des convictions. Sept colloques lui ont été consacrés ainsi que six biographies. Ses œuvres complètes, en six volumes, ont été publiées chez Gallimard. Un Institut Pierre Mendès France perpétue sa mémoire et une loge du Grand Orient De France a choisi son nom pour titre distinctif. Et pourtant le gouvernement qu’il présida ne dura que sept mois et dix-sept jours. Il fut, tout au long de sa carrière, l’un des dirigeants les plus haïs par l’extrême droite pour ses origines juives, et un des plus critiqués par la classe politique y compris par les élus de son propre parti.

Très attendu, comme à chaque début d’été, le thriller maçonnique du duo Giacometti-Ravenne est devenu un classique du genre. Ce cru 2011 nous emmène sur la piste du trésor des Templiers. 

Prendre soin de ses pensées, afin de se conduire lucidement. Cette maxime générale de la philosophie convient tout particulièrement à Epicure, et à son disciple poète Lucrèce. Le spectacle de l’univers, et sa disproportion manifeste par rapport à l’homme, peuvent engendrer l’angoisse. Il en va de même de l’incertitude liée au caractère apparemment aléatoire de ce qui advient. D’où des quêtes plus ou moins conscientes de compensations illusoires, et des attitudes infantiles qui conjuguent la crainte et l’espoir, le souci de récompenses et la hantise de châtiments. Comme si le monde était entre les mains d’un Dieu ou de plusieurs Dieux soucieux de scruter les faiblesses et les fautes humaines, afin d’en punir les auteurs. La piété se décline alors en superstition. La peur s’installe, disqualifiant la vie réelle, voire la tenant pour nulle et non avenue. Alors commence la pitoyable errance d’une humanité humiliée, grelottant d’effroi en regardant le ciel. Une sorte de qui-vive sempiternel où une culpabilisation multiforme se fait paradoxalement source de vice. La décision philosophique est alors de relever le défi de la condition humaine, et de la délivrer des pesanteurs inutiles. L’humanisme d’une telle démarche consiste à trouver dans l’homme les ressources du bonheur au lieu de polluer la seule vie réelle qu’il nous soit donné de vivre par des frayeurs irrationnelles et des interdits sans fondement.

Un homme au milieu du XVIIIème siècle fonde au sein de la maçonnerie française un rite théurgique mettant en relation ses adeptes avec des puissances surnaturelles, l’ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers.

 

Il est des acteurs qu’on n’oublie pas. Maurice Lamy est de ceux-là. Avec un profil atypique qui a su séduire le monde du cinéma, en témoigne sa foisonnante filmographie, Maurice Lamy joue sur la scène du théâtre Darius Milhaud à Paris, jusqu’au 30 juin 2012, un rôle construit sur mesure : Toulouse Lautrec. Loin des clichés réduisant l’artiste peintre au Moulin Rouge de Montmartre, Maurice Lamy, cherche dans une interprétation sur le vif à mettre en lumière la part d’ombre d’un artiste au destin tragique. Un face à face unique, pour la première fois présenté sur une scène de théâtre.

 

Alain Pozarnik est certainement l’un des auteurs dont les ouvrages sur la franc-maçonnerie sont les plus lus. Mais cet ancien grand maitre de la Grande loge de France (2004-2005) a le triomphe modeste. L’essentiel n’est pas là. Avec finesse et clairvoyance, Alain Pozarnik dans son dernier ouvrage Symbolisme du rituel de fermeture en loge maçonnique* propose à ses lecteurs maçons d’étendre l’effort initiatique au-delà des portes du temple.

* éditions Dervy, 2011

 

A l’occasion de l’acquisition de l’Histoire de ma vie de Giacomo Casanova de Seingalt (1725-1798), la Bibliothèque nationale de France organise une exposition autour de ce Vénitien qui n’avait qu’une idée : exister parmi les comédiens, les francs-maçons, les ambassadeurs... en se démarquant de ses deux frères, peintres célèbres, dans ce siècle des Lumières.

 

Cinquième officier de la loge, le secrétaire est le scribe qui rédige les textes officiels, il est le copiste qui les multiplie et les diffuse, et surtout, il a pour rôle de retranscrire dans les grandes lignes les propos tenus lors de la tenue. Son tracé est essentiel lorsqu’on cherche à étudier la vie des loges, ses procès verbaux constituent donc des documents uniques et précieux.

 

Vous avez dit Maître Queux ? Non, ce n’est pas un mot d’argot pas plus qu’un amant un peu spécial. Plus simplement, un Maître cuisinier dont le mot Queux vient du latin Coqus (cuisinier) et Cotis (génitif de Cos qui signifie pierre à aiguiser). Coq a, quant à lui, été emprunté au Kok néerlandais.

 

A la fin du XVIIIe siècle, résidait à Douai un singulier dignitaire de la Mère Loge Écossaise du Contrat Social. Le Frère Joseph Grant était colonel au service du Roi de France mais aussi authentique baron de Blairfindie en Écosse. Le 25 mars 1784, il transmet au Frère Philippe Bommart les patentes, règlements et rituels de L’Académie des Sublimes Maîtres de l’Anneau Lumineux. Il lui en confère de plus les pouvoirs qu’il avait reçus… à Edimbourg en 1783. Du moins si l’on en croit Bommart, puisque le baron écossais meurt – opportunément ? – dans le mois qui suit. Tels sont en tout cas les titres sur lesquels repose ce curieux régime maçonnique.

 

Absurde, la vie des hommes ? A dresser le bilan incohérent d’une histoire aux ressacs tragiques, on pourrait le croire. Construire puis détruire, soigner les blessés et enterrer les morts puis refaire la guerre pour blesser et tuer à nouveau, produire la richesse puis constater que de nouveaux pauvres viennent côtoyer l’opulence…Absurde. L’idée première de la religion étant que sans dieu, la vie n’a pas de sens, Albert Camus (1913-1960) prend au mot l’absurdité supposée de la vie de l’homme et en renverse la signification. Il redresse l’homme courbé sur son rocher (Sisyphe), qui devient ainsi maître de son destin.

Les plus beaux tabliers maçonniques du tournant des 18e et 19e siècles s’inspirent souvent de l’imagerie des Tapis de loge. Symboliquement très importants, ils constituent, dans leur diversité, un objet très personnel tout en affichant les signes communs de l’Ordre.

 

Les français vivent-ils dans la peur ? Peur de la violence qui frappe et ne cesse d’augmenter malgré une avalanche de lois ? A l’heure où la demande croissante de sécurité est devenue une composante de notre société, le débat organisé le 19 novembre dernier au siège de la Fédération Française le Droit Humain, à Paris, sur le thème sécurité et liberté a permis de faire un bilan (alarmant) de la politique sécuritaire en France.  

 

Propriété privée de Léopold II, Roi des Belges (1884-1908) l’Etat Indépendant du Congo devenu colonie belge (1908-1960) accède à l’indépendance le 30 juin 1960 au terme d’un calamiteux processus de décolonisation qui déboucha sur une crise aiguë qui discrédita la classe politique belge et fit basculer le Congo et l’Afrique dans la polarité Est-Ouest exacerbant les convoitises. 51 ans après, alors que leur pays en porte encore des stigmates qui annihilent toute velléité de développement, les Congolais se sont massivement rendus aux urnes le 28 novembre dernier pour élire leur nouveau président. En vain ?

 

Vestige du colonialisme, repère de corrompus, pépinière de dictateurs, la franc-maçonnerie africaine, presque entièrement aux mains des pouvoirs, bafoue au quotidien les idéaux maçonniques de justice, de liberté et de tolérance qui devraient être ceux de francs-maçons libres dans des loges libres. Constat amer pour un continent où malgré les efforts désespérés d’une poignée de frères idéalistes, des fils de la lumière dévoyés organisés en caste, se servent de leur appartenance pour maintenir leurs privilèges et étouffer les peuples sous un épais manteau de ténèbres.

 

Alain Bernheim n’en n’est pas à son premier coup d’essai. Auteur, mais aussi chercheur passionné et intransigeant quand il s’agit de mettre à nu la vérité historique, il nous révèle dans Le rite en 33 grades, récemment paru chez Dervy, un pan de l’histoire peu connue voire inconnue de ce rite (ou Rite Ecossais Ancien et Accepté), qui bouleversera une grande partie de la maçonnerie française du XXème siècle. Personnage au parcours personnel et maçonnique atypique, Alain Bernheim a rencontré Maud Etcheverry, pour Franc-maçonnerie magazine.

Jeudi 29 septembre. Alors qu’il se rendait à une cérémonie commémorative, Yves J, assistant grand maitre provincial est interpelé par un vigile posté à l’entrée de la GLNF, qui lui demande de présenter sa carte de membre.

 

Il est parfois difficile d’être un franc-maçon sans attirer le soupçon du complot. Jean Acacio va en faire l’expérience.

 

En loge, il y a tableau et tableau... 

Dans une première désignation où une fois de plus la Maçonnerie conserve un sens ancien, « Se dit de la table, carte ou feuille sur laquelle les noms des personnes qui composent une Compagnie, sont écrits selon l’ordre de leur réception » (Dictionnaire de l’Académie française, 1814). Ces listes de noms sont envoyées tous les ans par les loges à leur « autorité », précieuses à la recherche des historiens et... des généalogistes.

 

Le patrimoine de la Franc-maçonnerie, vaste et diversifié, est un immense témoin de ses usages, de sa créativité artistique et de son rôle dans l’Histoire. De l’écrit à la joaillerie, de la philatélie au funèbre, du mobilier à la peinture ou du textile aux arts du feu, son imagerie s’est portée en trois siècles sur de multiples supports. Le domaine de la faïence ancienne tout particulièrement, qui symbolise si bien le partage fraternel, arbore souvent d’inestimables indices. Ainsi, la découverte récente de pièces à fond jaune de Marseille du milieu du 18e siècle, qui va enrichir notre connaissance et notre perception de la Maçonnerie provençale, présente t’elle pour nous un grand d’intérêt.

 

Croyance religieuse et adhésion à la laïcité sont elles conciliables ?  Selon un préjugé trop répandu, non. Selon la vérité des notions et le témoignage de l’histoire, oui. Il faut pour mieux s’en convaincre évoquer ici des chrétiens profondément attachés à leur foi, et qui ont perçu comme une corruption de celle-ci le couplage entre religion et politique. Ce dernier permet en effet à la religion de jouir de privilèges publics et ôte à la politique sa dimension universaliste car il instaure une discrimination entre les citoyens athées et les citoyens croyants, voire entre les différentes religions. Victor Hugo, Lamennais, et plus près de nous l’Abbé Lemire qui critiquait en Décembre 1921 l’idée de tout financement public des écoles privées religieuses en rappelant que les écoles laïques sont ouvertes à tous, illustrent parfaitement la démarche laïque des croyants qui entendent dégager leur foi de toute démarche discriminatoire.