Société

Bruno Aïm : « Le GITE, c’est là où l’on fait de la vraie franc-maçonnerie »

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Adhérent au GITE depuis une quinzaine d’années, Bruno Aïm incarne parfaitement la devise « accueillir, servir, aider. » Rencontre avec un artisan glacier qui réchauffe les cœurs. 

Propos recueillis par Thierry Masclot

Thierry Masclot : Depuis quand êtes-vous adhérent au GITE, le groupement international de tourisme et d'entraide ? 
Bruno Aïm : Une quinzaine d’années. J’ai connu le GITE par le biais de frères qui m’ont invité à venir dans des réunions et à participer à des sorties. Chaque année, un weekend est organisé pour aller à la découverte d’une région en lien avec la gastronomie et le vin. Mais ce n’est pas qu’une grande bouffe.

TM : Qu’est-ce qui vous a tout de suite plu au sein du GITE ? 
BA : C’est très simple : pour moi, c’est là où l’on fait de la vraie franc-maçonnerie. On accepte tout le monde, il n’y a pas de questions d’obédiences, pas de frontières, on y est tous frères et sœurs, point final. Notre but, c’est l’entraide. Mon nom est dans l’annuaire, si des frères ont besoin de moi ou s’ils veulent me rencontrer, je suis là. Je me souviens d’un frère, dont le fils qui vivait en Nouvelle-Calédonie avait besoin d’une assistance juridique. Pas facile de lui venir en aide à distance. Ce frère a ouvert l’annuaire du GITE (NDLR : il est édité chaque année) et il a pu contacter un frère avocat là-bas qui s’en est occupé. Au GITE, on sait qu’on peut compter sur des frères au bout du monde. Quand je suis allé au Cameroun, j’ai demandé à des frères ce que je pouvais apporter pour les aider. De leur côté, les frères camerounais étaient très fiers de recevoir un Français. Encore un exemple : au GITE, il existe des tables d’hôtes pour les restaurateurs qui le veulent. Il suffit d’ouvrir l’annuaire et on trouve une table dans la région. On y rencontre des frères et des sœurs. D’ailleurs, même si le GITE n’est pas un club de rencontres, on compte plusieurs mariages ! 

TM : Dans le monde profane, vous êtes glacier. C’est le métier dont vous rêviez ? 
BA : Non, je voulais faire du judo, mais j’ai eu un accident de moto… À l’époque, mon père m’a dit : « tu devrais essayer la pâtisserie, c’est un métier d’avenir ». Je me suis formé. Puis, je suis entré chez le traiteur Dalloyau où j’ai fini comme glacier à la fin des années 1970. J’ai démarré à mon compte à Saint-Mandé le 1er juillet 1987, avec 50 m² puis 400 puis, en 2012, j’ai installé mon laboratoire à Chilly-Mazarin dans 2000 m². Je voulais pouvoir fabriquer de 6 heures à 20 heures avec deux équipes. Je travaille à 80 % avec la restauration parisienne haut de gamme et à 20 % pour les casinos de Macao. Autant dire que pendant les confinements et même depuis, c’est difficile… Avant le confinement, je faisais 1500 à 2000 litres de glaces par jour. Aujourd’hui, c’est plutôt 500 litres… Je dois réorienter mon activité. 

TM : Votre fils travaille avec vous, c’était important à vos yeux ?
BA : L’idée de la transmission est bien sûr très importante oui. Mais s’il avait voulu faire autre chose, il aurait pu. C’est important de faire le métier que l’on aime. Il a toujours baigné dans la glace et, un jour, il m’a dit : « je veux y rester ». Alors il m’a rejoint, et nous travaillons ensemble depuis 2008. 

On peut tout faire en glace ! 
« En 1987, un chef de cuisine m’a demandé de créer la glace au pain d’épices. Au début, je l’ai pris pour un extraterrestre. Et j’ai été le premier à la proposer. Les cuisiniers ont beaucoup fait évoluer le métier, car ils ont des idées qui paraissent loufoques. À leur demande, j’ai fait des glaces à l’algue, au maïs, à l’asperge, au foie gras, à la truffe, au petit pois… En réalité, on peut tout faire. »

Infos pratiques 
Les Sorbets de Saint-Mandé
49 route de Longjumeau
91 380 Chilly-Mazarin 
Tél. : 01 60 13 86 70 

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