La Révolution, l'oeuvre secrète des francs-maçons ?

 

« Dans cette révolution française, tout, jusqu’à ses forfaits les plus épouvantables, tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué ; tout a été l’effet de la plus profonde scélératesse, puisque que tout a été amené par des hommes qui avaient seuls le fil des conspirations longtemps ourdies dans les sociétés secrètes, et qui ont su choisir et hâter les moments propices au complot ». Ainsi s’exprimait l’abbé Barruel, ancien jésuite, en ouverture de ses célèbres Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, publiés en émigration en 1797. Seule la thèse de la conspiration tramée dans le secret des arrière-loges entre les philosophes radicaux, les protestants, les jacobins et les fameux Illuminati (les Illuminés de Bavière dont on avait fait le procès au milieu des années 1780, mais qui n’auraient pas rendu les armes) offrait une explication à la mesure du chaos dans lequel s’était brutalement enfoncée la France monarchique à partir de 1789. On sait combien la thèse du complot garde aujourd’hui toute sa force lorsque l’opinion est littéralement sidérée par des basculements brutaux dont les logiques et le processus complexes lui échappent. A la fin du XIXe siècle, tandis que s’affrontaient les deux France, la France catholique et conservatrice versus la France laïque et progressiste, cette thèse satisfaisait paradoxalement les deux parties. Les héritiers de Barruel voyaient toujours, à l’instar de Mgr Fava,  en la Franc-maçonnerie « la mère de toutes les révolutions », tandis que les républicains engagés dans les combats pour une laïcité militante, nombreux parmi les francs-maçons de la IIIe République, étaient flattés de se voir attribués la paternité de la Révolution de 1789 à laquelle ils se référaient en permanence. Mais qu’en est-il vraiment de la participation de la Franc-maçonnerie et surtout de ses membres à la Révolution ?

 

L’activité maçonnique s’effondre à partir des événements de l’été 1789, ce qui contraste singulièrement avec le dynamisme des loges et de leur obédience principale, le Grand Orient de France. De fait, si la Franc-maçonnerie compte autour de 900 loges en 1789 et 40 à 50 000 membres –qu’il faut rapporter à une population de 28,5 millions-, ce qui est tout à fait remarquable pour une institution largement tolérée mais qui ne bénéficie pas de reconnaissance légale, force est de constater que le nombre de loges actives pendant la Révolution ne d

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