Culture

Bon anniversaire !

Illustres de la franc-maçonnerie. NGH Presse

Pour ses 250 ans, le Grand Orient de France vient de recevoir un merveilleux cadeau aussi éphémère qu’inattendu : une exposition réalisée par le talentueux artiste d’art urbain, Christian Guémy, alias C 215, sur les « Illustres de la franc-maçonnerie ». Elle rend hommage à une trentaine de franc-maçonnes et francs-maçons et nous invite à partager cette commémoration au musée de la franc-maçonnerie, 16 rue Cadet à Paris jusqu’au 16 avril 2023.

La franc-maçonnerie est le « Centre de l’union » de personnes qui, sans elle, n’auraient jamais pu se rencontrer. Poussé à son paroxysme c’est ce que réussit Christian Guémy en faisant se côtoyer dans une même exposition des « Illustres » aussi éclectiques que le médecin anglais Edward Jenner (1749-1823) et Maria Deraismes (1828-1894). L’effet est d’autant plus surprenant que les portraits sont réalisés au pochoir et bombes aérosols dans son style reconnaissable au premier regard. « Le street art consiste en particulier à placer l’art où on ne l’attend pas », nous dit C 215. En effet, ce n’est pas la première fois qu’il quitte la rue pour exposer ses œuvres dans les musées tant français qu’internationaux, de Londres, à New York en passant par Pékin ou Moscou. Il explique que « le musée a ceci de commun avec la rue qu’il propose au public une présentation non commerciale des œuvres d’art. » Le thème de cette exposition et la façon de la présenter s’expliquent aussi par son parcours qui témoigne d’une continuité on ne peut plus logique. Ayant suivi une formation classique, il obtient un master d’histoire de l’architecture portant sur les traités de la Renaissance et ses théoriciens comme Vignole, Vitruve ou Delorme. Diplômé également en histoire de l’art à la Sorbonne, il ne cache pas son admiration pour Caravage. Il sera un temps historien et correcteur pour les Compagnons du Devoir. Mais ce n’est qu’en 2006 qu’il commence à parsemer des pochoirs sur le chemin de l’école de sa fille, Nina, à Ivry-sur-Seine. Pour s’en rapprocher, il s’installe, fin 2008, à Vitry-sur-Seine, devenue depuis la « capitale mondiale du street art ».
« Admiratif des héros de la République et des héros tout court », il ne pouvait pas rester insensible aux valeurs humanistes et sociales de la franc-maçonnerie et à l’engagement de franc-maçonnes et de francs-maçons dans tous les domaines. En 2019, dans la crypte du Panthéon et tout autour, il avait déjà montré son attachement aux « figures universelles et universalistes qui chacune à leur manière, avaient contribué à la grandeur de l’humanité ». Parmi les panthéonisés : Voltaire, Marcelin Berthelot, Joséphine Baker, Pierre Brossolette, Félix Eboué. Ces derniers seront à nouveau honorés dans une exposition sur les Compagnons de la Libération aux Invalides en 2021 montrant leur rôle prédominant dans la Résistance. Directement sur les murs ou sur des objets (une boîte aux lettres, des cartes scolaires, un siège, une botte…), les portraits se succèdent. Il n’y a pas un seul domaine qui ne soit marqué par un « illustre de la franc-maçonnerie », artistique avec Frédéric Bartholdi ou Oscar Wilde, politique avec Jules Ferry ou Winston Churchill, scientifique par la représentation de Gaspard Monge ou Edward Jenner, féministe par les actions de Madeleine Pelletier ou Maria Deraismes. Au cours de ses pérégrinations artistiques à travers le monde, il met en lumière les invisibles de toute la planète. C’est ainsi qu’il intervient dans les prisons depuis une dizaine d’années ou rend un peu d’humanité aux bidonvilles du Sri Lanka, d’Haïti ou d’ailleurs. Dans cette exposition, il nous dévoile aussi ce qui lui tient à cœur. Dans une vitrine très personnelle, sa fille Nina en Marianne, des photos d’enfants de Sarcelles en bonnet phrygien. Montrant également certains de ses engagements envers les victimes d’attentats comme Samuel Paty ou le policier Ahmed Merabet : « Je suis Ahmed » ; « Je suis Charlie »…
Ernest Pignon-Ernest, considéré comme l’un des précurseurs de l’art urbain en France, disait « Je ne fais pas des œuvres en situation, je fais œuvre des situations ». C’est ce que C 215 met en pratique en allant en Ukraine, au Missouri ou à Paris pour un anniversaire de l’Art Royal.

 

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