Culture

Qui suis-je ? n72 Le maçon mystère du n°72

Je suis né aux États-Unis au début du XVIIIe siècle dans une famille pauvre de 17 enfants. Mon père, un émigré anglais, marchand de chandelles, n’a pas la possibilité de me financer des études. Je commence ma vie professionnelle comme apprenti imprimeur. 

 

Toute ma jeunesse est particulièrement laborieuse : j’ai la volonté de me perfectionner dans tous les domaines afin de devenir un homme complet. À l’âge de 20 ans, je fonde mon imprimerie à Philadelphie. Je suis fier de mon métier et je l’aime. J’ai une boutique dans une partie de notre maison où ma femme me seconde dans la vente de livres et de papiers. J’imprime La Constitution des francs-maçons, premier live maçonnique publié en Amérique. Mon activité professionnelle se double d’une activité politique importante dans la vie de la cité et aussi par mes publications, mon journal la junte que je préside. Il s’agit d’une sorte de club qui a une double fonction : d’instruction collective de ses membres et de travail en commun pour le bien-être de la cité. Grâce à mon esprit d’entreprise, dans ma ville d’adoption je fonde la première bibliothèque des États-Unis, un collège, et aussi la première compagnie d’assurance du pays contre l’incendie et le premier hôpital de Pennsylvanie, puis je réorganise la police. Un an plus tard, j’achète la Gazette de Philadelphie qui devient le journal le plus important de l’Amérique coloniale. Bien qu’autodidacte, je suis novateur dans le domaine scientifique et ai plusieurs inventions à mon actif : le paratonnerre, les lunettes à double foyer, etc. Je me passionne aussi pour les phénomènes électriques et, grâce à mes contributions, leur étude devient une science. Je m’intéresse à l’astronomie, à la météorologie, à la botanique et à l’agriculture. Je mets toutes mes inventions dans le domaine public afin d’en faire profiter gratuitement l’humanité. En 1731 je suis reçu franc-maçon à la loge Saint John de Pennsylvanie. Un an plus tard j’en rédige les statuts. Je reste un fidèle membre de cette loge toute ma vie. Sans être anticlérical, je suis profondément laïque. Trois ans plus tard, je deviens Grand Maître de la Grande Loge maçonnique de Pennsylvanie. À la même époque, sous le pseudonyme d’un astrologue britannique, j’entreprends la publication d’un almanach qui durera vingt-cinq ans : L’Almanach du Bonhomme Richard. 
J’apprends plusieurs langues étrangères, dont le français. Je suis un des pères fondateurs des États-Unis pour avoir participé à la rédaction de sa déclaration d’indépendance que j’ai ratifiée. En 1776, je suis envoyé en France comme ambassadeur officieux. Je négocie un Traité d’Alliance qui assure aux États-Unis le soutien économique et militaire de Louis XVI ainsi que sa reconnaissance. Je cosigne le traité qui met fin à la guerre d’indépendance des États-Unis. Je suis contre l’esclavage et un partisan convaincu de son abolition. Je fréquente le salon de madame Helvétius ainsi que la loge des Neuf Sœurs dont je deviens membre en 1777 puis Vénérable de 1779 à 1781. À l’occasion de la Saint-Jean de 1778, je reçois le tablier symbolique d’Helvétius qu’avait porté Voltaire. Jusqu’à la fin de ma vie, je reste un citoyen engagé au service de mon pays. Franc-maçon au service de l’humanité, j’œuvre à l’amélioration et au bien-être de mes contemporains. Durant ma vie, j’ai eu de multiples activités d’imprimeur, d’éditeur, d’écrivain, de journaliste, d’inventeur, de naturaliste, de diplomate et d’homme politique américain. J’ai 84 ans lorsque l’Orient éternel m’ouvre ses portes. À cette annonce, l’Assemblée constituante de 1789 observe trois jours de deuil national. Une voie du 16e arrondissement de Paris porte mon nom ainsi qu’une rue de Versailles. En 1986, un astronome découvre un astéroïde auquel il donne mon nom. 

Solution du maçon mystère du n° 71

Il s’agissait de Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) qui a peint entre autres, Le gâteau des Rois.

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Le 24 Janvier 2020 de 19:45 à 21:45

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