Tradition

Pourquoi gémissons-nous à la mort d’un frère ou d’une sœur ?

Voici bientôt 12 ans, je me suis posé cette question. Pour la première fois, un texte m’a apporté une réponse satisfaisante et plausible. Remercions le Régime Écossais Rectifié pour cette piste. 

À la mort d’un frère ou d’une sœur, il est coutume de déclarer « Gémissons, gémissions, gémissons, mais espérons ». 
Et tout le monde répète cela à l’envi. 
Mais pourquoi ? 
Montrons-nous de la peine à voir la personne disparaitre ? Est-ce une simple manifestation de notre chagrin ? Les explications simples sont en général des transformations de raisons oubliées en franc-maçonnerie. 
Ainsi, au hasard d’une lecture, une lueur d’explication m’est apparue. 
La source provient du Code maçonnique des loges réunies et rectifiées de France, tel qu’il a été approuvé par les députés des Directoires de France, au convent national de Lyon, en 5778 (édité en 1779). Ce code, comme son nom l’indique, précise tous les comportements adéquats à adopter en Loge et au-dehors. Ainsi, il précise à la page 68 de la version disponible en ligne sur Gallica (BNF) : « En cas de mort d’un Frère de la loge, le Vénérable-Maître indiquera une assemblée particulière, dans laquelle il rendra compte des qualités du défunt, en s’étendant surtout sur celles qui constituent le bon Maçon. Il ne taira pas même ses défauts, mais il n’en parlera que pour en gémir, et avec tout le ménagement possible, et saisira cette occasion pour exciter les Frères à la pratique de la vertu, qui seule survit au Maçon. Tous les Frères seront invités à ce service maçonnique, et auront un crêpe autour du bras gauche. La loge sera tendue en noir, et si tous les Frères sont au troisième grade, on pourra se servir de la décoration de Maître ». 
Ainsi, pour les rectifiés en 1779, on ne gémit par sur la mort du défunt, mais sur ses défauts. En effet, « gémir » signifie « exprimer sa souffrance d’une voix plaintive et inarticulée ». Le franc-maçon rectifié a, en effet, comme mission de se rectifier pour atteindre l’état qui le ramènera au plus proche de l’état originel. Si des défauts existent au jour de sa mort, il convient alors d’exprimer sa souffrance qu’il n’ait pas pu finir sa rectification. C’est ainsi logique. On pleure ainsi la présence de défauts au moment de la mort, car ceux-ci gêneront le défunt au jour du jugement dernier (le Régime Écossais Rectifié est en effet un rite christique où toute la symbolique des grades est censée mener à la « rectification » de l’être). 

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